BILLET DE BLOGUE

Comment ressens-tu le consentement dans ton corps?

Si le consentement est incarné, il sera très utile de faire des exercices pour mieux comprendre ce que tu ressens dans ton corps. Si tu as manqué notre billet de blogue sur le langage corporel, lis-le pour obtenir des conseils sur le développement des compétences corporelles. 

Voici un excellent exercice pour découvrir comment le consentement se manifeste dans ton corps :

1. Trouve un espace où tu ne seras pas interrompu·e pendant au moins 10 à 15 minutes. Passe un peu de temps à ressentir ton «non», puis élargis ta conscience, reviens dans l’espace où tu te trouves et reste immobile un moment pour intégrer ce que tu as appris.

2. Installe-toi confortablement dans une position que tu peux garder pendant ce temps, où tu te sens en sécurité, soutenu·e et à l’aise. Ferme les yeux et prends un moment pour sentir ce qu’il y a en dessous de toi, le soutien de la surface sur laquelle tu te trouves.

3. Concentre-toi sur ta respiration, sans essayer de la modifier, en remarquant simplement comment l’air circule dans ton corps. Maintenant, repense à une situation où tu voulais vraiment quelque chose. Ça peut être n’importe quoi : un vêtement dans un magasin, un aliment, un voyage, rendre visite à un·e bon·ne ami·e, embrasser quelqu’un… Concentre-toi simplement sur une expérience où tu ressentais un désir intense.

4. Pendant que tu gardes ce souvenir en tête, remarque les sensations présentes dans ton corps. Que ressens-tu? Ressens-tu de la chaleur dans ta poitrine? Les muscles de ton visage sont-ils contractés? As-tu des papillons dans le ventre? Quelles sont les sensations qui accompagnent ton désir? Demande-toi : De quelle couleur est mon désir? Quelle est sa texture? Sa forme? Sa température? Définis très clairement ce que tu ressens, de manière très détaillée et descriptive.

5. Reste un moment avec cette expérience, en notant tout ce que tu ressens dans ton corps. Maintenant, repense à une situation où tu n'avez vraiment pas voulu quelque chose, où vous avez immédiatement su que quelque chose ne vous convenait pas. Peut-être s'agissait-il d'un certain aliment, d'un baiser de quelqu'un, d'un événement particulier ou d'un pull que votre grand-mère vous a offert à Noël. Peu importe ce qui vous vient à l'esprit, laissez venir l'expérience de ne pas vouloir vraiment.

6. Fais la même cartographie des sensations que tu as faite précédemment, sois curieux·se de toutes les sensations qui accompagnent ce non-désir. Où le ressens-tu dans ton corps? Quelle est la température, la couleur, la texture, la forme, les sensations qui accompagnent cet état? À quoi ça ressemble, comment ça sonne, quelles sont les sensations qui remontent? Sois très clair·e sur la façon dont ton «non» se manifeste dans ton corps, sur ton expérience de non-vouloir, et reste assis·e avec pendant un certain temps.

Quand on y pense vraiment, on sait tou·te·s ce qu’on ressent dans notre corps quand on veut ou quand on ne veut pas, et cette information est cruciale dans l’expérience du consentement, à la fois avec d’autres personnes et avec soi-même. 

Quand on est avec d’autres personnes, il peut être bon de prendre un moment avant de répondre à ce qu’elles proposent pour vérifier ce que tu ressens dans ton corps, pour déterminer si c’est oui ou si c’est non pour toi, ou si tu as besoin de plus d’info avant de prendre une décision. 

Quand on pense au consentement avec soi-même, ce processus est similaire,

mais il s’agit de prendre des décisions qui ne sont pas fondées sur ce qu’on pense devoir faire en fonction des attentes ou des croyances d’autres personnes,

mais plutôt des décisions basées sur ce qui nous semble juste. On est d’accord avec soi-même quand tout notre corps est d’accord avec ce qu’on fait, plutôt que de rationaliser nos actions parce que notre tête nous dit qu’on devrait le faire. 

Le consentement est une expérience incarnée, et pour qu’il soit présent, il faut le ressentir dans tout notre corps. 

Qu’il s'agisse d’un oui ou d'un non immédiat, ou qu’on ait besoin de plus d’info avant de répondre, on doit se donner le temps et l’espace de se mettre à l’écoute de notre corps pour que le consentement soit un consentement.

Pour que le consentement compte, il faut n’avoir aucun doute. 

Écrit par Taylor Neal
Conseillère incarnée et sexologue stagiaire

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