
Quand j’ai fait mon coming out en tant qu’homme trans non binaire, je n’étais pas sûr des pronoms que je voulais utiliser.
Mais je savais que je ne voulais plus entendre « elle a dit ça », ou « c’est à elle », ou « laisse-la faire elle-même ». Tout le monde utilise des pronoms, non? Pourquoi était-ce si difficile de savoir quels devaient être les miens? Une personne que j’ai connue toute ma vie m’a même demandé si c’était « vraiment nécessaire » que je change mes pronoms, parce que d'une certaine façon, ça l’amenait à « me voir comme un objet ». 🙃
C’était la même chose quand j’entendais les gens dire que je « m’identifie maintenant comme non binaire », presque comme s’ils ne me voyaient pas comme moi je me voyais. Peut-être qu’ils ne me croyaient pas. Et, parfois, je savais que c’était le cas. Mais les choses ont changé à mesure que je continuais à explorer ce qui me semblait « juste » et que je pensais à mon enfance, aux émissions que je regardais et aux jeux auxquels je jouais. Quel personnage est-ce que je voulais jouer? C’était toujours un garçon. Ou quelqu’un dont on n’était pas sûr du genre au premier coup d’œil.
En fin de compte, j’ai réalisé que, même si je suis un « lui », les pronoms ont beaucoup moins à voir avec le genre que je ne le pensais. J’ai trouvé passionnant qu’un petit élément de langage puisse être aussi libre et fluctuant, tout en ayant une telle importance.
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J’ai connu des personnes cisgenres qui utilisaient les pronoms « iel/ellui », et des personnes non binaires (comme moi) qui utilisent des pronoms « binaires » (comme il/lui ou elle). Et il existe bien d’autres options que celles-là.
Il s’agit de néopronoms, tels que ul, ol, ille, etc.
Je me qualifie d’homme transgenre non binaire parce que je ne me vois pas comme un homme, ni comme une personne sans genre. Cependant, ce qui est merveilleux dans la déconstruction des idées, des attentes et des normes relatives au genre, c’est de reconnaître que l’expérience du genre est différente pour chacun·e. Il s’agit de mon expérience et de mon interprétation personnelles, mais une autre personne ressentant exactement la même chose que moi peut, en raison de ses expériences personnelles et son contexte culturel, arriver à une conclusion totalement différente. Notre compréhension du genre et de la sexualité dépend de la culture et, souvent, aucun langage unique ne peut effleurer les raisons derrière ces concepts dynamiques et complexes.
Toutes les langues parlées évoluent constamment au fur et à mesure qu’on apprend et qu’on crée des liens, de sorte qu’on utilise la langue différemment tous les dix ans - parfois même moins que ça. Et on ajoute donc de nouveaux mots au dictionnaire. C’est comme ça depuis des milliers d’années, et il en sera ainsi pendant des milliers d’autres.
