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3 mythes sur la réduction des méfaits

La réduction des méfaits est un ensemble de principes directeurs visant à réduire les méfaits associés à l’usage de substances psychoactives.

L’usage de substances ne doit pas être un obstacle à l’accès aux services qui améliorent la santé ou préviennent certaines conséquences sanitaires telles que les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Les programmes d’échange de seringues, les sites de prévention des surdoses, l’information sur l'usage de substances à moindres risques et l’information sur les pratiques sexuelles à moindres risques sont des exemples de réduction des méfaits.

Mythes sur la réduction des méfaits  

Ces mythes proviennent généralement d’une conception morale de l’usage de substances. Une telle conception considère que les personnes qui utilisent des substances (souvent illégales) font quelque chose de «mal» ou de «mauvais». Cela peut amener les personnes qui utilisent des substances à ressentir beaucoup de honte et de rejet de la part des services sociaux et de santé, ainsi que de la communauté en général.

Examinons trois mythes courants sur la réduction des méfaits et démystifions-les ensemble, en utilisant les principes de la réduction des méfaits.

Mythe 1 : La réduction des méfaits encourage l’usage de substances.

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La réduction des méfaits n’encourage ni ne promeut l’usage de substances.

‍Au contraire, elle reconnaît que les gens utilisent déjà des substances. Plutôt que de les punir ou de les isoler, la réduction des méfaits consiste à encourager à utiliser les substances de la manière la plus sécuritaire possible. Si certaines substances sont légales, comme l’alcool, le tabac et la marijuana, d’autres sont criminalisées ou illégales. Cette situation est associée à davantage de méfaits. La puissance des substances est parfois inconnue, ce qui peut augmenter le risque d’effets toxiques. La peur d’être arrêtés ou harcelés par la police peut inciter les gens à utiliser des substances dans des lieux privés ou lorsqu’ils sont seuls. Cela signifie qu’il y a moins de chances que quelqu’un puisse réagir en cas de surdose ou d’effet toxique de la drogue.

Les gens utilisent des drogues pour diverses raisons et il peut être difficile d’avoir accès à du soutien. La réduction des méfaits vise à s’assurer que les personnes qui utilisent des drogues le font de la manière la plus sécuritaire possible.

Mythe 2 : La réduction des méfaits est réservée aux personnes qui utilisent des drogues (PUD).

La réduction des méfaits ne concerne pas uniquement les personnes qui utilisent des substances.

Le port d’un casque est une mesure de réduction des méfaits, tout comme le port de la ceinture de sécurité et le fait de rentrer sobre d’un party. Ce sont des stratégies utilisées pour réduire les torts liés à divers comportements ou activités. Il existe d’autres comportements, comme l’activité sexuelle et le travail du sexe, auxquels nous pouvons également appliquer ces principes. Plutôt que d'encourager la réduction des rapports sexuels ou l’abstinence, la réduction des méfaits consiste à fournir un soutien et de l’information sur la manière dont les personnes peuvent être aussi en sécurité que possible. La réduction des méfaits prend une forme différente pour chacun·e.

L’un des méfaits que nous essayons de réduire et qui est associé à l’usage de substances est la transmission de certaines ITSS comme le VIH et l’hépatite C. Cela dit, ces maladies ne se transmettent pas uniquement par le partage de matériel d’usage de drogues. L’information sur les pratiques sexuelles à moindres risques, les stratégies de réduction des méfaits telles que la distribution de condoms et l’autotest du VIH constituent aussi des mesures de réduction des méfaits. Offrir aux patient·e·s un espace accueillant et sans jugement où ils et elles peuvent discuter de leur santé et de leur sexualité permet également de réduire les méfaits liés à la honte ou la stigmatisation. Ces sentiments peuvent conduire les gens à éviter certains de ces services de santé sexuelle.

Il n’est pas nécessaire d’utiliser des substances pour bénéficier de programmes d’éducation ou de réduction des méfaits comme ceux-ci.

Mythe 3 : La réduction des méfaits ne soutient pas les personnes qui souhaitent réduire ou arrêter leur usage de substances psychoactives.

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La réduction des méfaits consiste à répondre aux besoins précis des gens.

Cela signifie qu’il faut soutenir les besoins, les objectifs et les priorités des personnes en matière d’usage de substances psychoactives qu'elles ont elles-mêmes établis.  

La réduction des méfaits appuie les personnes qui se rétablissent ou dont l’objectif est de réduire leur usage de substances ou de s’en abstenir. Nous ne voulons pas supposer que nous connaissons mieux la situation de quelqu’un que cette personne elle-même, ni imposer nos propres valeurs. Par conséquent, la réduction des méfaits ne suppose pas ou n’impose pas l’objectif d’abstinence mais elle soutient les personnes qui se sont fixé cet objectif.

L’usage de substances est un phénomène complexe et influencé par un certain nombre de facteurs. Mais toutes les personnes qui utilisent des substances, quels que soient leurs objectifs, méritent de pouvoir faire leurs propres choix éclairés sur ce qui est le mieux pour elles, chose que soutiennent les principes de la réduction des méfaits.

Article de Meaghan Coughlan

Coordonnatrice de l’éducation chez SIDA Nouveau-Brunswick

@aidsnb

Ressources complémentaires :

https://harmreduction.org/about-us/principles-of-harm-reduction/

https://www.catie.ca/education-publications-websites-client-publications/publicati ons-by-topic?tid_1=7304

Stigmatisation et usage de substances psychoactives

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